Rosco il est content
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A propos de Rosco il est content
06-01-2008 Festival ProgSud : Rosco il est content
On ne chôme pas au ProgSud ce jour doublement férié. Pour cette deuxième soirée du festival, le JasRod
a retrouvé sa configuration habituelle avec un plus grand nombre de
rangées de chaises que la veille. Le public, lui, reste à son habitude
toujours impressionnant par son écart d'âge, pouvant revendiquer de
faire plus fort que le célèbre 7 à 77 de Tintin.
J'en profite d'ailleurs à ce sujet pour ouvrir une parenthèse à
l'attention des parents qui me liraient. Loin de moi l'idée de ne pas
vouloir ouvrir l'horizon musical des plus jeunes à d'autres mélopées
que celle du papa pingouin,
mais je me demande s'il est bien raisonnable de placer des enfants de 4
ans à moins de 3 mètres des baffles des heures durant, de les laisser
s'endormir sous un niveau de décibels bien loin de celui d'une berceuse
? Faut-il laisser le temps répondre à cette question ? Je referme cette
parenthèse.
21h00 Rosco il est content
L'an passé, "un contretemps", pourtant familier de la rhétorique des
groupes de jazz, qui plus est progressif, avait privé le groupe
grassois de festival. Alors il est content d'être là ce soir ? Ben, il
semblerait que oui ! Si Olivier Bonnafous,
batteur et porte parole du groupe le déclare oralement dès le début :
"Nous sommes contents, et vous", les musiciens vont par la suite
l'exprimer de façon non verbale tout au long de leur prestation
instrumentale. Devant la batterie, la scène se divise en deux clans
mettant face à face les deux guitaristes Arnaud Guillaume et Luc Lavenne et les deux bassistes...Enfin non, un seul en fait, Laurent Rigo,
qui se partage entre la basse qu'il porte en bandoulière, et la basse
fretless qui est empalée au bord du plateau, comme une contrebasse en
équilibre. Les deux factions, dans une espèce de transe qui les anime
en une danse sur place de lever du genou, viennent se lancer
régulièrement des coups de gueule. Parce que s'il est une chose qui n'a
échappé à personne, c'est la stigmatisation des compositions
instrumentales au travers des rictus des cordistes : la musique se lit
sur leurs visages. Au-delà de ce que certains qualifient de simples
grimaces, le travail des zygomatiques traduit la conviction et
l'enthousiasme enragés de l'interprétation. Le batteur, plus dans
l'ombre, n'en manque pas non plus et ne ménage pas ses efforts derrière
son instrument. Mais si la frappe technique semble sans retenue, on
n'en subit pas les avatars sonores. En effet, ce premier groupe
bénéficie d'une excellente balance et d'un taux de décibels idéal.
Alors nous, on est contents ? Ben oui. Déjà, ces qualités sonores sont
plus qu'appréciables. Ensuite l'entrain des musiciens, est, à l'instar
de la bonne humeur, communicatif. Mais évidemment, ce qui nous rend
contents et ce dont je n'ai pas encore parlé jusqu'ici, c'est la
musique de Rosco il est content
: des compositions de fusion jazz mâtiné de rock progressif
remarquables par leur ductilité. À l'image des métaux précieux, les
quatre titres joués ce soir, ont cette incroyable propriété de se
déformer sans se rompre, s'étirant chacun bien au-delà des 10 minutes.
Les morceaux s'articulent autour d'un thème central, souvent un arpège
bancal, fruit d'une mesure asymétrique, joué en légère distorsion et
qui n'est pas sans rappeler la marque de fabrique de Mahavishnu orchestra (Birds of fire pour ne pas le citer). Sur celui-ci vient se greffer un riff de guitare parfois en son clair style Brett Garsed, mais toujours tordu qui nous plonge dans des atmosphères pouvant rappeler celles de Kotebel.
S'ensuit alors un long déroulement, où se succèdent des thèmes aux
notes sporadiques, des longs chorus d'inspiration blues-rock et
d'autres plus techniques et jazz-rock dans la veine Holdsworth, Howe ou encore Christophe Godin : une complémentarité affichée du jeu d'Arnaud Guillaume et Luc Lavenne.
L'accompagnement peut passer d'un shuffle tempo médium à un tempérament
presque hard-rock, infliger un brusque changement et suspendre les
temps, mais toujours en revenant à une ligne conductrice dont il n'a
finalement donné que l'impression de s'éloigner (on peut y voir
d'ailleurs des similitudes avec les compositions du groupe Éclat). Pour cela, Olivier Bonnafous s'emploie avec habileté à mettre en place des figures rythmiques ingénieuses, alors que Laurent Rigo alterne notes, accords fretless et claquements de slaps.
Le tout s'enchaîne pratiquement sans relâche et sous un bel éclairage, comme cette aurore boréale pour Chromosphère.
Au terme de 50 minutes très riches et exaltantes pas de rappel mais un
dernier coup de gueule du batteur : "Non au consommable jetable, oui au
ProgSud".
Une prestation qui pousse à s'acheminer sans attendre vers le stand des
cds pour y acheter l'album du groupe sur lequel on retrouve deux des
titres joués ce soir : ginkgobiloba et outoksa.
a retrouvé sa configuration habituelle avec un plus grand nombre de
rangées de chaises que la veille. Le public, lui, reste à son habitude
toujours impressionnant par son écart d'âge, pouvant revendiquer de
faire plus fort que le célèbre 7 à 77 de Tintin.
J'en profite d'ailleurs à ce sujet pour ouvrir une parenthèse à
l'attention des parents qui me liraient. Loin de moi l'idée de ne pas
vouloir ouvrir l'horizon musical des plus jeunes à d'autres mélopées
que celle du papa pingouin,
mais je me demande s'il est bien raisonnable de placer des enfants de 4
ans à moins de 3 mètres des baffles des heures durant, de les laisser
s'endormir sous un niveau de décibels bien loin de celui d'une berceuse
? Faut-il laisser le temps répondre à cette question ? Je referme cette
parenthèse.
21h00 Rosco il est content
L'an passé, "un contretemps", pourtant familier de la rhétorique des
groupes de jazz, qui plus est progressif, avait privé le groupe
grassois de festival. Alors il est content d'être là ce soir ? Ben, il
semblerait que oui ! Si Olivier Bonnafous,
batteur et porte parole du groupe le déclare oralement dès le début :
"Nous sommes contents, et vous", les musiciens vont par la suite
l'exprimer de façon non verbale tout au long de leur prestation
instrumentale. Devant la batterie, la scène se divise en deux clans
mettant face à face les deux guitaristes Arnaud Guillaume et Luc Lavenne et les deux bassistes...Enfin non, un seul en fait, Laurent Rigo,
qui se partage entre la basse qu'il porte en bandoulière, et la basse
fretless qui est empalée au bord du plateau, comme une contrebasse en
équilibre. Les deux factions, dans une espèce de transe qui les anime
en une danse sur place de lever du genou, viennent se lancer
régulièrement des coups de gueule. Parce que s'il est une chose qui n'a
échappé à personne, c'est la stigmatisation des compositions
instrumentales au travers des rictus des cordistes : la musique se lit
sur leurs visages. Au-delà de ce que certains qualifient de simples
grimaces, le travail des zygomatiques traduit la conviction et
l'enthousiasme enragés de l'interprétation. Le batteur, plus dans
l'ombre, n'en manque pas non plus et ne ménage pas ses efforts derrière
son instrument. Mais si la frappe technique semble sans retenue, on
n'en subit pas les avatars sonores. En effet, ce premier groupe
bénéficie d'une excellente balance et d'un taux de décibels idéal.
Alors nous, on est contents ? Ben oui. Déjà, ces qualités sonores sont
plus qu'appréciables. Ensuite l'entrain des musiciens, est, à l'instar
de la bonne humeur, communicatif. Mais évidemment, ce qui nous rend
contents et ce dont je n'ai pas encore parlé jusqu'ici, c'est la
musique de Rosco il est content
: des compositions de fusion jazz mâtiné de rock progressif
remarquables par leur ductilité. À l'image des métaux précieux, les
quatre titres joués ce soir, ont cette incroyable propriété de se
déformer sans se rompre, s'étirant chacun bien au-delà des 10 minutes.
Les morceaux s'articulent autour d'un thème central, souvent un arpège
bancal, fruit d'une mesure asymétrique, joué en légère distorsion et
qui n'est pas sans rappeler la marque de fabrique de Mahavishnu orchestra (Birds of fire pour ne pas le citer). Sur celui-ci vient se greffer un riff de guitare parfois en son clair style Brett Garsed, mais toujours tordu qui nous plonge dans des atmosphères pouvant rappeler celles de Kotebel.
S'ensuit alors un long déroulement, où se succèdent des thèmes aux
notes sporadiques, des longs chorus d'inspiration blues-rock et
d'autres plus techniques et jazz-rock dans la veine Holdsworth, Howe ou encore Christophe Godin : une complémentarité affichée du jeu d'Arnaud Guillaume et Luc Lavenne.
L'accompagnement peut passer d'un shuffle tempo médium à un tempérament
presque hard-rock, infliger un brusque changement et suspendre les
temps, mais toujours en revenant à une ligne conductrice dont il n'a
finalement donné que l'impression de s'éloigner (on peut y voir
d'ailleurs des similitudes avec les compositions du groupe Éclat). Pour cela, Olivier Bonnafous s'emploie avec habileté à mettre en place des figures rythmiques ingénieuses, alors que Laurent Rigo alterne notes, accords fretless et claquements de slaps.
Le tout s'enchaîne pratiquement sans relâche et sous un bel éclairage, comme cette aurore boréale pour Chromosphère.
Au terme de 50 minutes très riches et exaltantes pas de rappel mais un
dernier coup de gueule du batteur : "Non au consommable jetable, oui au
ProgSud".
Une prestation qui pousse à s'acheminer sans attendre vers le stand des
cds pour y acheter l'album du groupe sur lequel on retrouve deux des
titres joués ce soir : ginkgobiloba et outoksa.
03-26-2008 Rosco il est content au Prog Sud Festival
avec Jerry Marotta / G.Cides des USA
et Baraka du Japon
Jeudi 01 mai 2008
http://progsudfestival.nuxit.net
et Baraka du Japon
Jeudi 01 mai 2008
http://progsudfestival.nuxit.net
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